Profiter du confinement pour revoir (ou refaire) son Business Plan, par Cyril VERCHERE

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Cyril VERCHERE
Cyril VERCHERE

Si vous avez créé votre entreprise (ou que vous y songez), une des étapes obligatoires est la formalisation du Business Plan. Derrière cet anglicisme, auquel il faudrait préférer les termes de « Prévisionnel d’activité », se cache surtout la capacité de l’entrepreneur à évaluer la viabilité du projet et les perspectives de développement. Ce document fait d’ailleurs partie des premières demandes du banquier et des partenaires potentiels.

La première règle de construction est à la fois simple et terriblement complexe : Savoir évaluer, pour les 3 à 5 années à venir, les deux principaux agrégats financiers à présenter, le chiffre d’affaires et les charges. Et pour chacun de ces deux agrégats, il faut appliquer les principes suivants : optimisme mais prudence pour le chiffre d’affaires, exhaustivité et précisions pour les charges. De cela découle la trésorerie générée par l’activité, et qui va fortement intéresser le banquier, lors de l’ouverture du compte professionnel (1). Mais pas que le banquier. La trésorerie que va produire la société est un des facteur clé pour assurer la pérennité et le développement de la société. 

Alors oui, un business plan soit être à la fois réaliste et optimiste. Mais, ce ne sont que des prévisions qui ont été établies dans un contexte économique considéré comme stable. 

Pourquoi est-ce que le confinement est-il le moment idéal pour (re) faire un business plan ?  

Parce que nous vivons, avec ces confinements, une situation exceptionnelle pour la vie d’une entreprise : la forte réduction, voire l’arrêt total de l’activité, pendant une certaine période. 

Voici la deuxième règle de construction du business plan : les montants qui ont été indiqués dans le business plan doivent être mis à l’épreuve d’un contexte économique en constant évolution, pour le meilleur et pour le pire. 

Pour illustrer ce propos, voici une anecdote qui m’est arrivée en mai 2019. Un client, entrepreneur aguerri à la gestion, me présente un business plan pour une création de société, d’une activité qui d’après lui « va trouver son public et sera rentable en 6 mois ». Tout y est, 3 hypothèses de chiffre d’affaires (Worst / Normal / Best), les charges sont correctement listées et évaluées, la trésorerie sur les 5 prochaines années en progression régulière.  Il est très fier de lui. Et il peut, son business plan et son prévisionnel de trésorerie sont impeccables. 

Je lui pose alors la question suivante : 

« Et si, par hasard, il ne se passait plus rien pendant deux mois ? Prenons comme hypothèse qu’un évènement extérieur à la société fasse qu’il n’y ait aucun chiffre d’affaires ni facturé, ni encaissé pendant deux mois, mais que les charges continuent à courir ? Est-ce que la société survit ? »

Passé la surprise de l’énorme improbabilité de mon hypothèse (nous sommes en mai 2019), nous supprimons deux mois de chiffres d’affaires et d’encaissements. Stupeur, la trésorerie plonge, et de longs mois sont nécessaires pour remonter la glissante pente du découvert bancaire. Mon client repart donc retravailler son business plan avec encore plus de rigueur, une trésorerie de départ augmentée, et avec comme principe que sa société doit survire à un tunnel de deux mois sans encaissements. Une semaine plus tard, il me présente son business plan revu avec cette terrible hypothèse, bien mieux appréhendée. 

« Mais évidemment, cela ne se produira jamais ».

Je n’ai pas besoin de vous raconter la suite, sa société a parfaitement géré le premier confinement, en profitant même pour investir, dans l’objectif de mieux rebondir. Ce deuxième confinement n’est également qu’une formalité. 

Tout ceci pour vous dire qu’un business plan n’est pas qu’une fastidieuse obligation, mais un réel outil de gestion, un prévisionnel qui doit savoir prendre en compte les pires hypothèses.  

Le confinement est le moment idéal pour (re) faire son business plan, maintenant qu’une des pires hypothèses s’est justement produite, nous avons un réel retour d’expérience sur l’impact néfaste d’un fait extérieur à la société.  

Si vous souhaitez vous faire accompagner dans la construction ou la revue d’un business plan, les Experts-comptables du réseau Viseeon sont à votre écoute ! 

 


 (1) Cela dit, beaucoup de créateurs d’entreprises ont recours à des banques en lignes (comme Qonto ou Shine), qui permettent de s’affranchir de l’entretien avec le banquier et de la présentation à celui-ci du business plan. Je recommande tout particulièrement à ces entrepreneurs de faire valider leur business plan par un expert-comptable avant de se lancer, pour éviter les écueils présentés ci-après.


Cyril VERCHERE
Expert-comptable Viseeon
https://www.viseeon.com/cyril-verchere/


Autre article de Cyril VERCHERE disponible sur ComptaWorld :
https://www.comptaworld.com/2020/11/09/profiter-du-confinement-pour-reorganiser-son-agenda-par-cyril-verchere/

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